Par Laurence Prud'homme
Pour mon anniversaire, on m'a offert le théâtre en cadeau. Une soirée où les couleurs sont plus vives, la lumière plus intense, les parfums plus lourds. Une de ces soirées qu'on oublie toujours de s'offrir à soi-même et qu'il fait bon vivre. Au programme, un texte touchant, une critique sociale acerbe, le grotesque de la condition humaine dévoilé... Des acteurs maîtres de leur art, nombre de fois applaudis par le public. Ça promettait...
Mais voilà que dès le début, un malaise point au fond de l'estomac. Quelque chose d'insidieux, une masse qui grandit au fur et à mesure que les protagonistes apparaissent sur scène, se tortillant comme des pantins, s'agitant dans des danses ridicules.
Tout au long de la soirée, je me suis demandée: "A-t-on besoin de danser la claquette et chanter Le phoque en Alaska pour se faire entendre du public québécois? Pourquoi cette envie de Brigitte Haentjens de tout adapter, de tout ramener à notre époque, à notre langage, à nos chansons? Ne peut-on pas saisir ce qu'il y a d'universel et transcendant dans cette pièce de Büchner sans avoir à écouter Sébastien Ricard brailler Jean Batailleur au beau milieu d'une scène de violence? Et pourquoi un Woyzeck si hébété? L'interprétation de Marc Béland était pâteuse, empêtrée dans l'archétype de l'idiot du village. Dommage. Paul Ahmarani s'en sauve dans le rôle du docteur colérique, un personnage de bande-dessinée, sautillant et loufoque. Paul Savoie et Sébastien Ricard ont de petits moments de grâce. Quant aux personnages féminins, elles sont trop déhanchées; des Lolita niaiseuses, on n'arrive pas à s'y attacher. Trop de crèmage, en somme.
Il faut quand même concéder que les scènes de meurtre et de sexe étaient fascinantes et merveilleusement chorégraphiées, le décors, ingénieux et la musique (sauf les chansons québécoises, vous l'aurez compris), pertinente. Mais cette fichu boule à l'estomac ne m'a pas lâchée. Je suis sortie de l'Usine C écoeurée, avec l'impression qu'on m'avait forcée à avaler un énorme gâteau industriel double-crème à la vanille. Si l'objectif était de créer un malaise, c'est réussi: il était grand.
Pour mon anniversaire, on m'a offert le théâtre en cadeau. Une soirée où les couleurs sont plus vives, la lumière plus intense, les parfums plus lourds. Une de ces soirées qu'on oublie toujours de s'offrir à soi-même et qu'il fait bon vivre. Au programme, un texte touchant, une critique sociale acerbe, le grotesque de la condition humaine dévoilé... Des acteurs maîtres de leur art, nombre de fois applaudis par le public. Ça promettait...
Mais voilà que dès le début, un malaise point au fond de l'estomac. Quelque chose d'insidieux, une masse qui grandit au fur et à mesure que les protagonistes apparaissent sur scène, se tortillant comme des pantins, s'agitant dans des danses ridicules.
Tout au long de la soirée, je me suis demandée: "A-t-on besoin de danser la claquette et chanter Le phoque en Alaska pour se faire entendre du public québécois? Pourquoi cette envie de Brigitte Haentjens de tout adapter, de tout ramener à notre époque, à notre langage, à nos chansons? Ne peut-on pas saisir ce qu'il y a d'universel et transcendant dans cette pièce de Büchner sans avoir à écouter Sébastien Ricard brailler Jean Batailleur au beau milieu d'une scène de violence? Et pourquoi un Woyzeck si hébété? L'interprétation de Marc Béland était pâteuse, empêtrée dans l'archétype de l'idiot du village. Dommage. Paul Ahmarani s'en sauve dans le rôle du docteur colérique, un personnage de bande-dessinée, sautillant et loufoque. Paul Savoie et Sébastien Ricard ont de petits moments de grâce. Quant aux personnages féminins, elles sont trop déhanchées; des Lolita niaiseuses, on n'arrive pas à s'y attacher. Trop de crèmage, en somme.
Il faut quand même concéder que les scènes de meurtre et de sexe étaient fascinantes et merveilleusement chorégraphiées, le décors, ingénieux et la musique (sauf les chansons québécoises, vous l'aurez compris), pertinente. Mais cette fichu boule à l'estomac ne m'a pas lâchée. Je suis sortie de l'Usine C écoeurée, avec l'impression qu'on m'avait forcée à avaler un énorme gâteau industriel double-crème à la vanille. Si l'objectif était de créer un malaise, c'est réussi: il était grand.
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