28/04/2009

Les Prairies canadiennes: d'immenses étendues de blé où vivent des êtres austères et conservateurs... et disons-le, un tantinet ennuyants. Quelle vision! Honte à moi!


Margaret Laurence a heureusement fait trembler sur leur socle ces préjugés si bien incrustés. Dans son roman The Diviners, elle nous présente Morag, une écrivaine bohème,  aux yeux grands ouverts, à l'intelligence intuitive, au sens de l'observation tout en poésie. Un personnage hors du commun: une belle artiste.


Morag est en effet une narratrice lucide, une héroïne en proie au doute, consciente de la lutte entre fiction et réalité qui fait rage dans son écriture, sa vie, sa mémoire. Margaret Laurence offre au lecteur un roman-grenier où s’entassent un bric-à-brac de talismans, de photos couleur sépia, de souvenirs imaginés, de personnages de fiction, de morceaux de réalité, de langues oubliées. De ce fouillis apparent, surgit un album, ce dernier chapitre où sont présentées  des chansons où vibrent et évoluent des héros rendus éternels, véritables socles familiaux où s’appuieront les générations futures. Un roman de la filiation, donc, mais aussi et surtout, une vaste entreprise de compilation, de triage, de transformation des souvenirs, heureux ou douloureux, qui s’entassent dans la mémoire, source de vérité, matériau de la construction identitaire.


Un incontournable de la littérature canadienne!



LAURENCE, Margaret. The Diviners, Éditions McClelland and Steward, Toronto, 1974
publié par caravane à 18:52
dans: Roman envoyer par courriel | commentaires(2)
Réconciliation
Oui,oui, Laurence, aussitôt qu'il est traduit, je l'engouffre. C'est vrai que que ces lectures réconcilient nos impressions du Canada anglais.
J'espère qu'eux aussi lisent du Québécois ...
publié par Venise à 13:40, 2/05/2009 | |
Divine...
Bonjour Venise!

Heureuse de ta visite! Eh bien oui, espérons que l'oeuvre de Margaret Laurence sera un jour traduite dans son intégralité. Si ma mémoire est bonne, un de ses livres est paru en français cette année, sous le titre "Une divine plaisanterie". D'ailleurs, il me semble me rappeler que tu en avais fait la lecture, non?
publié par lacaravane à 06:14, 12/05/2009 | |