La radio de notre petite roulotte rougit de ce qui sort de sa bouche ce midi:
Le gouvernement Harper serait en train de développer un projet de Grands prix culturels du Canada. Un fonds de 25 millions de dollars par année serait débloqué! Wow!
Le hic, c'est que ces fameux prix Nobel canadiens seraient octroyés... à des artistes étrangers! On coupe chez nous mais on donne ailleurs, bravo! Quelle brillante idée!
Et puis... ne risque-t-on pas de tomber dans l'élitisme? De donner des prix à des gens dont le réseau de contacts et la réputation sont déjà bien établis, qui ont déjà de quoi vivre très honorablement? Pourquoi ne pas plutôt offrir des subventions aux artistes qui ont de la difficulté à faire rayonner leur oeuvre sur les plans national et international? À ceux qui ont de la difficulté à prendre trois repas par jour?
On nous dit: "arrangez-vous, on ne vous aidera pas pour deux sous, débrouillez-vous pour avoir les moyens de vous faire connaître, si ça finit par bien marcher pour vous autres, on vous donnera peut-être un gros prix à la fin"...
Hmmm.... entendu à la radio:
"On veut donner des bouchées pralinées aux aristo alors que le peuple n'a même pas de pain!"
Comprenez-moi bien: je n'ai rien contre les prix, Nobel ou autres, c'est merveilleux, ni contre les artistes qui ont réussi à obtenir la reconnaissance de leurs pairs et qui vivent enfin de leur art. Rien non plus contre les artistes étrangers recevant un prix canadien.
Toutefois, une gestion intelligente du budget culturel d'un gouvernement devrait tendre à un équilibre, favoriser la multiplication de subventions variées: des coups de pouce pour les artistes débutants, pour le rayonnement international, pour les vétérans, pour les troupes, les groupes, les artistes solo, pour les échanges culturels et pour les grands prix qui couronnent une carrière.
Il me semble que c'est élémentaire, non????
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