12/02/2009 13:16
Par Laurence Prud'homme

La radio de notre petite roulotte rougit de ce qui sort de sa bouche ce midi:

Le gouvernement Harper serait en train de développer un projet de Grands prix culturels du Canada. Un fonds de 25 millions de dollars par année serait débloqué! Wow!

Le hic, c'est que ces fameux prix Nobel canadiens seraient octroyés... à des artistes étrangers! On coupe chez nous mais on donne ailleurs, bravo! Quelle brillante idée!

Et puis... ne risque-t-on pas de tomber dans l'élitisme? De donner des prix à des gens dont le réseau de contacts et  la réputation sont déjà bien établis, qui ont déjà de quoi vivre très honorablement? Pourquoi ne pas plutôt offrir des subventions aux artistes qui ont de la difficulté à faire rayonner leur oeuvre sur les plans national et international? À ceux qui ont de la difficulté à prendre trois repas par jour?

On nous dit: "arrangez-vous, on ne vous aidera pas pour deux sous, débrouillez-vous pour avoir les moyens de vous faire connaître, si ça finit par bien marcher pour vous autres, on vous donnera peut-être un gros prix à la fin"...

Hmmm.... entendu à la radio:

 "On veut donner des bouchées pralinées aux aristo alors que le peuple n'a même pas de pain!"

Comprenez-moi bien: je n'ai rien contre les prix, Nobel ou autres, c'est merveilleux, ni contre les artistes qui ont réussi à obtenir la reconnaissance de leurs pairs et qui vivent enfin de leur art. Rien non plus contre les artistes étrangers recevant un prix canadien.

Toutefois, une gestion intelligente du budget culturel d'un gouvernement devrait tendre à un équilibre, favoriser la multiplication de subventions variées: des coups de pouce pour les artistes débutants, pour le rayonnement international, pour les vétérans, pour les troupes, les groupes, les artistes solo, pour les échanges culturels et pour les grands prix qui couronnent une carrière.

Il me semble que c'est élémentaire, non????
28/11/2008 01:00

Par Laurence Prud'homme

Il était temps!!! Le Cervantès, Nobel des lettres hispaniques, à Juan Marsé, enfin!
C'est l'occasion de se plonger ou de se replonger dans son oeuvre douce-amère, poignante et carnavalesque.

Visage de boxeur et plume incisive... ah! ¡Salud, señor Marsé!

En septembre, La Caravane en a publié un bref portrait, c'est ici.

20/11/2008 20:48

Par Laurence Prud'homme


La lumière qui se faufile jusqu'au fond de la crevasse éclaire mes pages blanches. J'aime écrire dans cette atmosphère glauque, un peu humide. Parfois, le froid pénètre mes os et alors, je dois remonter offrir mon visage au sel du désert et à son violent soleil.

Tiens! Allez donc faire un tour sur le blogue de Chantal Guy, qui a inspiré ce billet!

Quant à moi, je serai au Salon du livre de Montréal demain vendredi, de 16h30 à 17h30, au kiosque de Québec-Amérique.

19/11/2008 16:14
Par Laurence Prud'homme

J'aime profiter du Salon du livre de Montréal pour aller à la rencontre d'auteurs peu médiatisés. Vous savez, ceux qui balaient des mouches imaginaires de la main en regardant passer les lecteurs aux sacs-cadeaux remplis de best-sellers?

En voici quelques-uns, en vrac:

Jade Bérubé - Le rire des poissons
Joël Desrosiers - Caïques
Lynda Amyot - Au matin
Stéphane Despatie - Ceux-là
Benoît Trottier - Des nouvelles de Pickton Vale
Diane-Monique Daviau - Dessins à la plume suivi de Histoires entre quatre murs
Roger Des Roches - Dixhuitjuilletdeuxmillequatre
Dominique Fortier - Du bon usage des étoiles

Et vous? Avec qui avez-vous rendez-vous?
17/11/2008 22:50

Catherine Mavrikakis gagnante du Grand prix du livre de Montréal!!!

Découvrez ou redécouvrez-la: www.catherinemavrikakis.com

Je suis heureuse! :-)

28/10/2008 06:37
Par Laurence Prud'homme


Tiens, tiens... décidément, on commence à en parler de plus en plus, de ce fameux livre électronique ! (pour ceux qui n'avaient pas suivi notre petite discussion, allez jeter un oeil au billet "électrolivres" un peu plus bas).
 
Voici une traduction (approximative) d'un article de Flavia Company découvert dans le journal El Periódico de la semaine dernière. Elle ne développe pas énormément sa pensée, mais, qu'en pensez-vous, chers cyber-lecteurs?
 
Il est arrivé en Europe mais, pour l’instant, le livre électronique hésite à entrer en Espagne ou, plutôt, l’industrie espagnole résiste farouchement à ses assauts. Toutefois, son ascension ne génèrerait que des bénéfices. Les libraires pourraient récupérer leur métier et recommander des livres d’auteurs peu connus, plutôt que des best-sellers. Les forêts ne seraient pas ravagées pour rendre possible la publication du dernier Grisham, King ou autres pavés du genre qui, règle générale, ne souffrent pas de relecture. Les distributeurs gagneraient en essence et les bibliothèques, en adeptes. Les maisons des lecteurs impénitents n’auraient pas à voir se gonfler la bibliothèque, déjà bien remplie, à chaque année. La poussière et les acariens verraient leur population diminuer, au bénéfice des allergiques et asthmatiques. Le transport des bibliothèques personnelles ne serait pas une tragédie à chaque déménagement. Et, le plus important : cela ne signifierait pas la disparition des livres de papier, car la coexistence est possible comme l’est, par exemple, celle du stylo-bille et de la plume fontaine.

Continuerez-vous à ne pas croire à la montée du livre électronique? 
Succomberez-vous un jour à ses attraits?

J'avoue que j'ai un amour sans borne pour les livres papiers: j'aime les toucher, les humer, les malmener mais... un petit gadget pouvant contenir des centaines de livres, ça pèse beaucoup moins lourd dans une valise, un sac d'école ou des boîtes de déménagement que les quelques briques que j'ai l'habitude de traîner avec moi... peut-être qu'un heureux mariage de "bibliothèque papier permanente" à la maison et de "machin-électro-super-pratique" pour les voyages et les études, ça ne serait pas si mal!

24/10/2008 07:57

Par Laurence Prud'homme


À l'approche du Salon du livre de Montréal, mon petit coeur d'écrivailleuse s'interroge : ça sert à quoi, ce genre d'évènement?

Pour les écrivains: à se sentir comme la panthère famélique que les visiteurs du cirque observent avec un regard oscillant entre l'admiration et la pitié?
Pour les distributeurs: à serrer des pinces et consolider des alliances?
Pour les éditeurs: à vendre des livres, à réaliser une belle opération de marketing?
Pour les lecteurs: à jouer les consommateurs fébriles?

Oui et non.

Je m'en voudrais de me laisser aller à l'amertume mercantiliste et au cynisme (ce n'est pas mon genre, de toute façon). Je veux plutôt me remémorer la noble fonction du Salon du livre,  l'esprit qui anime nombre de ses participants : réunir les gens. Offrir un sofa où lecteurs et auteurs pourront s'asseoir et bavarder. Le Salon, c'est une occasion rêvée de mettre un visage sur des mots, sur des émotions (ceux de l'écrivain, celles du lecteur), d'écouter le doux bruissement de la plume sur le papier.

Au programme: conférences, ateliers, prix littéraires, séances de dédicace, auteurs-vedettes, écrivains de l'ombre*...

Passez au salon!

*J'y serai aussi, au kiosque de Québec-Amérique, le vendredi 21 novembre, de 16h30 à 17h30.






11/10/2008 06:28
Par Laurence Prud'homme


Le prix nobel m'a surprise en flagrant délit de lecture de Désert, un roman-poème que j'ai commencé à lire il y a longtemps, sur les plages dorées de la Tunisie, et que je bois à petites doses, comme un thé brulant.

Je vous donne mes impressions bientôt mais je peux déjà vous avancer que de nombreux coins de pages ont été soigneusement pliés...
9/10/2008 06:45
Par Laurence Prud'homme


25 millions de lecteurs japonais ont téléchargé un roman à l'eau de rose sur leur téléphone cellulaire cet automne. Tous les exemplaires du Kindle, nouvel appareil de lecture électronique distribué par Amazon, au coût de 399 $, se sont vendus en quelques mois sur Internet.

Rien ne remplacera jamais le livre papier? Pas si sûr. Prenons le kindle: un écran plat de 18 cm X 13 cm, un gadget ultra-léger qui peut contenir jusqu'à 200  livres, avec un accès à des blogues littéraires, aux cyber-journaux, avec dictionnaires et cartes du monde intégrés, la possibilité d'ajuster l'illumination de l'écran et la taille des lettres, etc. Une nouvelle dimension de la lecture qui s'annonce.

Et une révolution du monde de l'édition. En effet, les personnages qui participent à la matérialisation d'un livre traditionnel (l'écrivain, l'éditeur, le distributeur, le libraire) s'en trouveront affectés, d'aucuns plus que d'autres. Les intermédiaires risquent de disparaître et l'éditeur devra revoir en profondeur son rôle (promoteur de la qualité et défenseur des droits d'auteurs, très vulnérables à la piraterie informatique). 

La répartition des parts de gâteau changera également. Si actuellement l'éditeur, le distributeur et le libraire emportent chacun 30% des profits (10% vont à l'écrivain), la disparition de la nécessité de distribution et d'exposition des livres en librairie peut amener plus d'eau au moulin de l'auteur, s'il sait défendre ses intérêts. 

Et puis côté pratique, le livre électronique nous permet de sauver quelques arbres et d'optimiser notre espace de vie; plus besoin de grandes bibliothèques pour entreposer La Pléïade!

Le livre papier est donc appelé à disparaître? Difficile à prévoir mais si on jette un coup d'oeil sur ce qui se passe chez nos voisins les musiciens, il est fort à parier que le ratio livre papier/livre électronique s'inversera dans les prochaines décennies. Le premier sera sans doute converti en objet de luxe, de collection, pour les fétichistes.

Qu'en sera-t-il des librairies, des bibliothèques, des imprimeries?

Triste ou brillant avenir pour le livre?
7/10/2008 06:24
J'ai découvert un site très intéressant par le biais du blogue d'Audrey Parily

Il présente une série d'entrevues, en format vidéo, d'auteurs français contemporains, connus et moins connus. Ils nous parlent de l'écriture, de leur vision de la littérature, de leurs inquiétudes, de leur vie d'écrivain. C'est là:

http://auteurstv.blogspot.com/

Quelques maisons d'édition nous offrent également des entretiens vidéo avec leurs auteurs. Une belle façon de mettre un visage et une voix sur les mots d'un livre!

Allez fouiller sur:

www.quebec-amerique.com

www.editionsheliotrope.com

www.gallimard.fr

www.septentrion.qc.ca


26/09/2008 12:14

Par Laurence Prud'homme

Bay City est une petite ville de carton-pâte, tout ce qu'il y a de plus américaine et fade. C'est là que la narratrice a passé son enfance, puis son adolescence. À Bay City.

J'arriverai au roman par son prolongement, le blogue de Catherine Mavrikakis. J'y arriverai, par la longue avenue qui va du K-Mart à  Veronica lane, là où a été planté le bungalow familial. J'y arriverai en longeant les berges du grand lac où personne ne déambule. J'y arriverai, puisque je suis attrapée, empêtrée dans les fils électriques qui coiffent les rues de Bay City, ces fils que l'auteure nous tend, chaque semaine. Une belle occasion de voir avec ses yeux, toucher avec ses mains, vomir avec son estomac, l'estomac de Catherine Mavrikakis. 

C'est là: Catherine Mavrikakis


Mavrikakis, Catherine. Le ciel de Bay City, Éditions Héliotrope.

 

23/09/2008 10:58

Un article très intéressant ce matin dans Le Devoir...

http://www.ledevoir.com/2008/09/23/206929.html?fe=4961&fp=178727&fr=106554

Qu'en pensez-vous?

19/09/2008 19:37
19/09/2008 19:31

Par Laurence Prud'homme

J'ai la nostalgie des salons littéraires... ces réunions intelectuelles où l'on discutait philosophie, littérature et politique autour d'une tasse de thé. Certains sont restés dans les mémoires; celui de Conrart, d'où est née l'Académie française, celui de Madame de Maintenon ou de l'Hôtel de Rambouillet. C'était le 17e siècle, le temps des précieuses (parfois ridicules, j'en conviens).

Quel n'est pas mon plaisir, donc, de voir surgir une version cybernétique de l'esprit de salon: blogues, sites spécialisés, clubs de lecture, bibliothèques électroniques, cercles de créations collectives, librairies virtuelles d'ouvrages de seconde main... tout un monde de personnages, écrivains, lecteurs, critiques, qui se réunissent et échangent, qui donnent vie à la Babel électronique.

La blogoliste de La Caravane recense quelques sites intéressants:

Lecteurs québécois

La recrue du mois

Voir

Le libraire

Fabula

Blogues BD

Il y a aussi:

Les impromptus littéraires http://impromptus.fr/dotclear/

Le Bookshelf de Facebook www.facebook.com

Le biblioblogue http://www.biblioblog.fr/index.php/

La bibliothèque idéale http://www.planirom.qc.ca/secondemain/incontournable.htm

 

N'hésitez-pas à allonger la liste en nous faisant part de vos trouvailles!

5/09/2008 09:10

Par Laurence Prud'homme


La rentrée... notre petite roulotte évolue avec peine sur les chemins de l'école, chargée comme elle est de toutes ces nouveautés qui s'empilent dangereusement. On en a mis partout, sur les banquettes, sous les lits, dans les cabinets, aux pieds du siège du passager. Tout ça brinquebale et on aime bien ça!

Bref, la rentrée... je n'ai pas envie de vous faire la liste de tous les titres qui occupent les affiches promotionnelles ou des coups de coeurs programmés par les grandes surfaces, ce n'est pas l'objectif de La Caravane. J'ai plutôt envie de vous parler de cochon.

Hein?

Ouais, de cochon, de sanglier, de quartanier, si vous préférez.

Le quartanier est un sanglier âgé de 4 ans. Cet âge vénérable lui donne le droit d'adopter cette jolie appellation. J'imagine qu'il est succulent à ce moment de sa vie de phacochère... enfin, Le Quartanier est aussi et surtout, une maison d'édition québécoise qui célèbre cet automne ses 5 ans. Les fondateurs croyaient-ils que leur projet allait disparaître en fumée (ou en jambon fumé) après 4 ans,  victime de la conjoncture économique, et ce, malgré leur travail acharné? S'agit-il de la raison de ce nom si particulier? Quoi qu'il en soit, Le Quartanier a transcendé sa date de péremption et ce, à notre grand bonheur! Les éditeurs misent sur la poésie et l'essai, bien qu'ils publient également quelques oeuvres de fiction. Ils ont aussi lancé une revue de création littéraire, à l'effigie de leur sympathique bé-bête.

Ils ont un site Web, fort bien fait, et plusieurs blogues d'auteurs, tous plus intrigants les uns que les autres.

Allez voir!

www.lequartanier.com